Données des enfants et IA : ce que fait DysAdapt, ce que peuvent faire les adultes, et les signaux à vérifier
Pour adapter un exercice, on n'a besoin de presque rien savoir sur l'enfant. Ni son nom, ni son diagnostic. Voici comment en tirer parti, tranquillement.
Lecture : 8 minutes
Les outils d'intelligence artificielle rendent de vrais services aux familles et aux enseignants : lire une fiche, la réorganiser, l'adapter en quelques secondes. Mais pour adapter un exercice à un enfant, on parle forcément de cet enfant. Et ses données méritent qu'on y fasse attention.
Cet article explique ce dont l'adaptation a vraiment besoin, ce que DysAdapt met en place, ce que chacun peut faire de son côté, et comment repérer en quelques minutes si un outil prend soin des données qu'on lui confie.
Deux types de données à garder pour soi
Ce qui permet de reconnaître l'enfant
Nom, prénom, date de naissance, adresse, nom de l'école et de la classe, photo du visage, numéro de dossier… Ce sont des données identifiantes. Seules, ou mises ensemble, elles permettent de savoir de quel enfant on parle.
Ce qui touche à sa santé
« Dyslexique », « TDAH », « dossier MDPH », « suivi en orthophonie » : ce sont des données de santé. Le RGPD les classe parmi les données « sensibles », qui demandent une protection renforcée. Et pour un mineur, la vigilance est d'autant plus importante.
La bonne nouvelle : l'adaptation n'en a pas besoin
Pour adapter une fiche, ce qui compte, c'est ce qui gêne l'enfant sur la page : il perd sa ligne, il se fatigue à écrire, il perd le fil des consignes longues. Ces observations suffisent à choisir les bonnes adaptations, et elles ne disent ni qui il est, ni quel est son diagnostic.
« Léo Martin, CE2, école Jules-Ferry »
« Dyslexique et TDAH, suivi par une orthophoniste »
« Dossier MDPH en cours »
« l'enfant », ou un surnom
« Perd sa ligne en lisant, se laisse facilement distraire »
(rien : ce n'est pas utile pour adapter une fiche)
Ce que dit le cadre de l'Éducation nationale
En juin 2025, le ministère de l'Éducation nationale a publié un cadre d'usage de l'IA en éducation. Il ne s'agit pas d'interdire, mais de poser des repères. Quelques points utiles :
- L'IA est autorisée en éducation, dès lors qu'on respecte ce cadre. Parmi les usages déjà constatés chez les enseignants, le texte cite le fait d'adapter les contenus aux besoins particuliers des élèves.
- Avec les IA grand public, pas de données personnelles. On ne peut y saisir que des informations qui pourraient être rendues publiques. Le texte invite aussi à ne pas demander aux élèves de créer un compte personnel sur ces services.
- L'IA assiste, elle ne remplace pas : c'est l'adulte qui garde la main et valide ce qui est produit.
- Les élèves eux-mêmes n'utilisent l'IA générative dans un cadre pédagogique qu'à partir de la 4e. Avant, ce sont les adultes qui s'en servent.
- Le cadre invite aussi à privilégier les solutions libres, à rester sobre (une requête à une IA consomme de l'énergie) et à être transparent sur l'usage de l'IA.
Pour un enseignant, cela veut dire qu'utiliser une IA pour adapter une fiche est tout à fait possible, à condition de ne rien y mettre qui permette de reconnaître l'élève ou de connaître sa santé. Pour un parent, ce cadre ne s'impose pas à la maison, mais c'est un bon repère.
Ce que fait DysAdapt
Voici, concrètement, le chemin d'une fiche dans DysAdapt, et ce qui est transmis à chaque étape. Tout cela est aussi détaillé sur notre page confidentialité.
Vous importez la fichePhoto, scan ou fichier, transmis de façon chiffrée à notre application.
DysAdaptLecture du texteL'image de la fiche est envoyée pour en extraire le texte.
Mistral · EuropeAnalyseLe texte extrait et les besoins du profil, sans le prénom et filtrés, sont envoyés pour choisir les adaptations de chaque exercice.
Mistral · EuropeAdaptationLe texte extrait, les adaptations choisies et les figures de la fiche (carte, schéma…) sont envoyés au modèle qui produit la version adaptée.
Claude · AnthropicMise en pageLa version à imprimer est fabriquée sur notre propre serveur, sans service tiers.
DysAdaptStockageVos fiches restent accessibles à vous seul·e (et à l'équipe DysAdapt, pour le support), et vous pouvez les supprimer.
DysAdapt
Et les garde-fous autour de l'enfant :
- Le prénom de l'enfant n'est jamais envoyé à l'IA. Il sert seulement à vous repérer dans vos profils. Dans ce que reçoit le modèle, l'enfant est simplement « l'enfant ».
- Le profil décrit des besoins, pas un diagnostic. On vous propose de cocher ce que vous observez (« perd sa ligne en lisant »…), pas une étiquette médicale.
- Un filtre automatique retire du profil les numéros de téléphone, adresses e-mail, adresses postales, dates de naissance et numéros de dossier avant tout envoi à l'IA, au cas où ils y auraient été saisis.
- L'enfant n'a pas de compte. C'est l'adulte qui prépare la fiche ; l'enfant travaille sur le résultat, sur papier ou à l'écran, sans jamais discuter avec une IA.
- Pas de publicité, aucune donnée vendue. La mesure d'audience du site se fait avec un outil que nous hébergeons nous-mêmes, sans cookie.
- Vous pouvez supprimer votre compte et toutes vos données à tout moment, depuis votre espace.
Ce que DysAdapt ne peut pas faire à votre place
Soyons transparents : l'image de la fiche est envoyée telle quelle pour la lecture du texte. Si le prénom de l'enfant est écrit en haut de la feuille, il part avec l'image. C'est pourquoi le premier geste ci-dessous est si utile.
Avant la photo
Prénom : Léo M.
1. Conjugue au présent : nous (chanter), tu (finir).
Avec un post-it
Prénom : Léo M.
prénom masqué ✓1. Conjugue au présent : nous (chanter), tu (finir).
Ce que peuvent faire les adultes
Quelques réflexes simples, avec DysAdapt comme avec n'importe quel outil :
- Masquer le prénom avant la photo. Un post-it, un doigt, ou recadrer la photo sous l'en-tête.
- Photographier la fiche, pas l'enfant. Pas de visage, pas de cahier ouvert sur une page personnelle.
- Décrire ce qu'on observe, pas le diagnostic. « Se fatigue vite en lisant » est plus utile pour adapter, et ne révèle rien de médical.
- Donner un surnom au profil si vous préférez : « Loulou » ou « CE2 » fonctionne tout aussi bien.
- Pour les enseignants : en cas de doute, l'équipe de direction et le délégué à la protection des données (DPO) de l'académie sont là pour répondre. Et le cadre d'usage de l'IA reste la référence.
- Faire le ménage de temps en temps : supprimer les fiches dont on n'a plus besoin, et le compte si on n'utilise plus l'outil.
À l'heure du « vibe coding », quelques signaux pour choisir un outil
Aujourd'hui, grâce à l'IA, créer une application est devenu accessible à beaucoup plus de monde. C'est une vraie chance : des parents, des enseignants, des orthophonistes construisent des outils pour répondre à des besoins qu'ils connaissent de l'intérieur. On appelle parfois ça le « vibe coding » : on décrit ce qu'on veut, l'IA écrit le code.
Ces outils sont presque toujours créés avec les meilleures intentions. Mais la protection des données est un métier à part entière, et il est facile, sans le vouloir, de laisser passer une erreur : une base de données accessible sans mot de passe, une clé d'accès visible dans le code, des informations envoyées à un service à l'étranger sans le savoir. Personne ne fait exprès. C'est justement pour ça qu'il est utile de savoir quoi regarder.
Voici quelques signaux simples, que chacun peut vérifier en quelques minutes avant de confier des informations sur un enfant :
- ✓Des mentions légales : qui édite le site, comment le contacter, où il est hébergé. En France, c'est une obligation, et c'est le premier signe que quelqu'un répond de l'outil.
- ✓Une page qui explique ce que deviennent les données : ce qui est collecté, à quoi ça sert, à quels services c'est transmis (notamment quelle IA), combien de temps c'est conservé.
- ✓La possibilité de supprimer son compte et ses données, simplement, sans devoir se justifier.
- ✓Une adresse de contact pour exercer ses droits (accès, rectification, effacement), et la mention de la CNIL en cas de réclamation.
- ✓Des questions qui restent proportionnées : un outil d'adaptation n'a pas besoin du nom complet, de la date de naissance ou du diagnostic de l'enfant.
En résumé
- Pour adapter une fiche, pas besoin du nom ni du diagnostic de l'enfant : ce qu'on observe suffit.
- Le cadre de l'Éducation nationale autorise l'IA pour adapter les contenus, sans données personnelles dans les outils grand public, et avec l'adulte aux commandes.
- DysAdapt n'envoie jamais le prénom de l'enfant à l'IA, décrit des besoins plutôt qu'un diagnostic, filtre les coordonnées, ne crée pas de compte pour l'enfant et permet de tout supprimer.
- Les adultes gardent un rôle clé : masquer le prénom sur la fiche, décrire plutôt qu'étiqueter.
- Avant de choisir un outil : mentions légales, page données, suppression du compte. S'ils manquent, on prend le temps de demander.
Adapter la fiche,
sans exposer l'enfant.
Sources
Ministère de l'Éducation nationale, L'IA en éducation — Cadre d'usage, juin 2025 : education.gouv.fr.
Règlement général sur la protection des données (RGPD), article 9 : eur-lex.europa.eu.
CNIL, ressources sur la protection des données des mineurs : cnil.fr.
Page confidentialité de DysAdapt : dysadapt.com/privacy.